On se lève de bonne heure pour prendre un petit déjeuner à la gare. On parvient à communiquer avec notre japonais limité. Le repas n'est pas folichon mais ça fait le boulot. Après le repas, on récupère nos sacs laissés dans un casier et nous prenons le train pour Otaru. Il y a un peu de retard mais nous parvenons à attraper notre correspondance pour Kutchan. Pour info, le trafic ferroviaire est pas mal perturbé et nous avons bien cru ne jamais réussir à aller à Niseko. En réalité, sans l'intervention de Mouloud, nous nous serions sans doute retrouvés à marcher deux à quatre heures à travers la montagne.

Quelques jours plus tôt... Comme je suis quelqu'un qui aime les vacances assez intensives, j'ai promis à Mallo une journée de détente pour son anniversaire. J'ai donc réservé un hôtel perdu au milieu des montagnes, dans le coin de Niseko. Pour rejoindre cet endroit, l'hôtel propose un service de navette et demande à être prévenu au moins trois jours à l'avance. J'ai envoyé un mail avant le départ qui est resté sans réponse. J'ai récidivé une fois au Japon et là, j'ai reçu une réponse un peu alarmante. L'hôtel m'informe que le service de navette existe mais uniquement pour ses clients et ma réservation est introuvable. Un peu dépitée, j'ai donc demandé à Mouloud s'il pouvait appeler l'hôtel pour nous. Sachant qu'il parle très bien japonais, il a pu nous expliquer qu'à cause du tremblement de terre, il faudrait nous rendre à Kutchan où nous serions récupérés vers 14 heures.

Du coup, nous voici à Kutchan à l'heure du déjeuner. On repère un restaurant plutôt mignon. On entre. Là, la serveuse nous sort un monologue en japonais à un rythme impossible à suivre pour des novices. Par chance, un guide local entre et je parviens à comprendre qu'il faut revenir d'ici trente minutes. À peine, quinze minutes plus tard, un couple sort du restaurant et la femme m'indique qu'il y a de la place pour deux. On se place dans l'entrée dans l'attente que quelqu'un nous dise qu'on peut aller s'assoir et là, un type sort de nulle part et va se placer à la table que nous espérions. Je suis terriblement frustrée. De quel droit ose-t-il nous passer devant ? Et vas-y que je râle, que je fulmine, etc. Joyeux anniversaire, Mallo ! Je finis par me calmer. D'autres personnes sortent et le patron du resto pousse la serveuse à nous montrer notre table. Enfin, on va pouvoir manger ! Et on a bien fait d'attendre.

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Pour à peu près 8€, une belle assiette avec une salade, une soupe et une boisson. Ça change de la brasserie parisienne du premier jour ! En sortant du resto, on se mange une glace (à l'italienne !) car Hokkaido est réputée pour ses produits laitiers.

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On retourne à la gare et là, MIRACLE, une voiture vient nous chercher. Je me détends instantanément. On arrive à l'hôtel où on est accueillis comme des rois. Petit verre de bienvenue avec une petite douceur le temps de remplir les papiers pour notre chambre. Visite guidée de l'hôtel et présentation des activités incluses dans le prix de la chambre (qui est plus grande que nos anciens appart'). Et n'oublions pas le petit bain privatif :

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Le Japon est réputé pour ses onsen, ou sources chaudes, mais les hommes sont généralement séparés des femmes donc j'ai préféré le faire dans un cadre un peu moins typique mais nettement plus profitable pour nous.

La première activité proposée : bain de pieds avec petit verre de vin pétillant. Nous descendons pour tester et constatons que tout le monde a déjà revêtu la tenue d'extérieur de l'hôtel. Nous remontons pour faire de même avant de profiter d'un bon moment de détente.

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Vers 17 heures, un feu est allumé dans la cheminée et on nous apporte de quoi se faire des chamallows grillés. C'est super régressif et ça fait un pré-goûter sympa. D'autant plus qu'il y a plein de boissons à volonté. On remonte ensuite dans notre chambre où le goûter à base de thé et de dorayaki nous attend. Nous profitons de l'occasion pour prendre un bain et regarder des matchs de sumo, à la télé.

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Tous les sportifs ne se valent pas mais ça vaut le coup rien que pour la classe de l'arbitre. On descend ensuite pour prendre un apéritif mais on voit une femme dans un yukata magnifique et, avec ma voisine sud-coréenne, nous nous sentons un peu minables dans nos espèces de pyjamas. Je prends donc un yukata, une ceinture, un nœud et une espèce de cordelette. Puis je remonte dans ma chambre, après avoir pris une photo du manuel en six étapes. C'est vraiment la purge à mettre ce truc ! Et encore, je n'ai pas à faire le nœud moi-même. L'heure tourne et je ne ressemble à rien. Je m'agace et je finis par me dire que je vais me débrouiller toute seule. Je vire le manuel et je fais des nœuds comme je peux. Au final, c'est le meilleur résultat que j'aie réussi à obtenir en l'espace de trente minutes. On peut enfin descendre pour dîner, tant pis pour l'apéritif.

Le repas est préparé par Masayuki Ohnishi, membre de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. Une fois à notre table, notre serveuse pour la soirée nous propose un apéritif pour commencer (heureusement, qu'on n'a pas eu le temps d'y aller plus tôt). Puis neuf plats plus délicieux les uns que les autres s'enchaînent sur la table.

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Avant notre départ, beaucoup de gens nous avaient dit que la cuisine kaiseki était assez difficile d'accès pour des étrangers. Ils ont dû manquer de chance parce que j'ai tout adoré ! Mallo a juste eu un peu de mal à avaler sa crevette crue. Le tout était accompagné de petits vins locaux délicieux et de Perrier !

Après le repas, Mallo veut tester le bar qui propose une sélection de whisky assez énorme. Finir la soirée avec un petit verre au coin du feu (ou un petit thé), c'est vraiment sympa. On remonte ensuite se prendre un petit bain avant une bonne nuit de sommeil car la détente, ça fatigue encore plus que la marche.